Historique peupleraie

06 février 2007

IL ETAIT UNE FOIS LA PEUPLERAIE

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1950, c'est la France de l’après-guerre, celle du baby boom. C’est l’époque où le loyer d’une chambre à Paris représente plus de la moitié du salaire d’un ouvrier spécialisé (NDLR : ce qui n’a pas trop changé depuis d’ailleurs !) La pénurie de logement contraint les gens à vivre à plusieurs dans des chambres d’hôtel insalubres ou des appartements sans eau, ni électricité, ni toilettes. Malgré les premiers programmes de HLM du gouvernement, beaucoup de français restent encore sans toit. Face à cette situation critique l’Etat décide d’octroyer une aide financière à qui construira son logement de ses propres mains : c‘est l’avènement du mouvement des Castors.

Les Castors de Fresnes sont parmi les premiers à se lancer dans la construction de logements collectifs. Leur association locale voit le jour le 12 mai 1955. Quinze jours plus tard, la presse annonce à grand bruit : « La population de Fresnes va doubler : les Castors bâtissent 1800 logements pour 8000 personnes (dont 4000 enfants) ».

Plus de 26 hectares de champs de blé, marécages et autres terrains vagues vont se voir bientôt remplacés par des constructions collectives. C’est sur la parcelle de 17 hectares (170 000m²) plantée en partie de peupliers que va naître le Domaine  de la Peupleraie, sur l'autre on construira 2 ans plus tard le Clos de la Garenne.


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Le programme de construction est attrayant. Assuré par des entreprises privées, il comprendra une trentaine de pavillons individuels bordés de troènes et 7 immeubles de 776 logements avec ascenseurs, vide ordures, salle d’eau, WC indépendants, chauffage central, rangements, buanderie et même gaine de télévision. Mais aussi un groupe scolaire, un centre commercial, des jardins d’enfants et de grands, très grands espaces verts « plus étendus que le parc Montsouris » comme l’annonce la brochure promotionnelle.

Deux architectes ont élaboré l’ensemble du projet. Marcel Roux pour la partie Ouest et Charles Thomas pour la partie Est. Ensemble, ils travaillent sur l’empilement de cubes décalés d’un demi niveau. Très inspirés par les immeubles-villas de Le Corbusier (c.f. Portrait) ils exploitent son système de dominos en reprenant à la  Peupleraie  des modules qu'ils proposent en duplex soit montant avec mezzanine, soit descendant à l'identique d'une maison de ville.

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Le prix des appartements s’échelonne de 2 230 000 anciens francs (3 400 euros) pour un 3 pièces cuisine et dépendances à 2 695 000 AF (4 110 euros) pour un 5 pièces. Chaque futur propriétaire doit payer une inscription de 30 000 AF (45 euros) à l’association des Castors puis des mensualités de 3000 à 5000 AF (de 5 à 8 euros) pendant 15 mois c'est-à-dire jusqu’à l’achèvement des travaux(*). Selon la formule Castor le versement initial sera complété par un apport personnel de travail des acheteurs qui devront fournir 600 heures de leur temps (1200 pour un pavillon) à la construction de leur habitation à raison de 6 à 8 h de travail par semaine effectuées souvent le dimanche. Comme il s’agit de grands immeubles dont la construction ne peut être réalisée que par des entreprises industrialisées, l’apport de travail consistera selon les aptitudes de chacun aux opérations générales d’aménagement, de terrassement et d’administration .

Espérant voir les travaux se terminer à la fin de l’année 56, les futurs propriétaires ont dû faire face à certains problèmes techniques qui repoussèrent l’occupation des lieux. Pressés d’accéder aux joies de la propriété, les plus téméraires ont donc emménagé dans les appartements dès le 27 février 1957 dans des conditions plus que précaires. Le haut de certains pavillons n’étant qu’à l’état de gros œuvres les familles concernées ont dû emménager dans leur garage. Comme il n’y avait toujours pas d’évacuations d’eaux usées, ni pluviales, il fallait utiliser des WC de chantier situés à l’arrière du Groupe 27/35, rue du Docteur Emile Roux. Le branchement électrique dépendait d’un repiquage sur la ligne du chantier. Tous les soirs, face à la demande croissante d’énergie, les fusibles du combiné général fondaient. (A noter, les branchements définitifs n’ont été effectués par EDF que le 14 juin 1958). Et enfin, dans l’attente de la construction des routes et des entrées de garages, par temps de pluie le port des bottes était recommandée voire indispensable.

Il faudra attendre le 21 octobre 1958 et l’arrivée des derniers propriétaires pour avoir la joie de découvrir le domaine en état.

Presque un demi siècle vient de s'écouler et le Domaine de la Peupleraie a tenu ses promesses : être un lieu d’habitation d’une conception exceptionnelle dans un parc idoine donnant à l’ensemble un caractère calme et luxueux assez inhabituel dans ce type de construction. A la question pourquoi le Domaine ne sombre-t-il pas dans l’archétype des « cités » de banlieues ? Il faut savoir qu’aujourd’hui Les Castors d’origine ou leurs descendants forment plus d’un 1/3 des résidants du site. Ceci explique peut-être cela.

(*) A noter : Au milieu des années 50, le salaire moyen des futurs propriétaires est d’environ 60 000 francs anciens par mois (soit 600 nouveaux francs, c'est-à-dire 90 euros). Le tout pour 45 heures de travail par semaine s’il vous plaît !

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LE CORBUSIER - PORTRAIT

bw_corbuArchitecte, urbaniste et peintre français d'origine suisse Charles-Edouard Jeannerret, dit Le Corbusier (1887 -1965), a toujours imposé dans ses réalisations « l’esprit nouveau ». Pour lui, la structure géométrique d’une cellule d'habitation doit s’exprimer à travers une organisation claire et simplifiée des volumes. Dès 1920 il utilisera des éléments préfabriqués en usine permettant, parce qu'ils sont standardisés, de varier à l'infini les combinaisons d'une ossature indépendante. En 1945, ses recherches seront essentiellement orientées vers la solution des problèmes que pose la concentration urbaine. Il propose alors un nouveau mode d'aménagement du territoire parfaitement résumé par la formule «soleil-espace-verdure» et l'implantation d'une architecture aux formes moins rigides. Il met au point un système de calcul de proportions exploité pour la première fois lors de la réalisation de la «Cité radieuse» de Marseille (1947-1952), vaste bâtiment qui comprend 350 logements répartis sur huit doubles niveaux. D'autres «unités d'habitation de grandeur conforme» sont construites à Nantes-Rezé (1952-1953), à Briey-en-Forêt (1957), à Berlin (1957). Ces masses architecturales fonctionnelles, dont l'emprise au sol est réduite au minimum, présentent, compte tenu de leur gigantisme, un surprenant caractère de légèreté. Le souci d'une expression plastique variée, inséparable de ce qu'il appelle «l'acoustique paysagiste», prédomine dans les réalisations de l'architecte qui s'étendent des années 1950 à la fin de sa vie.

Pour en savoir plus : cliquez ici

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LA PEUPLERAIE DES CASTORS



Yves Leroy,photographe et ancien Castor de la Peupleraie, a immortalisé plusieurs étapes de la construction du site. Emouvant.

Fresnois de coeur, il a également immortalisé sa ville à différentes époques. Historique !

Pour voir la vidéo : Cliquez ici !

(C) Y.Leroy

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05 février 2007

UNE VIE DE CASTOR A LA PEUPLERAIE


Une vie de Castor à la Peupleraie
Vidéo envoyée par loseraie

Voici une nouvelle série de photographies de la construction du site, issue des propres appareils de nos castors seniors.

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